Top articles
-
Werther au TCE - Entre confirmation et relative déception.
Werther à Paris est devenu un "problème de riche". Et depuis un bon moment, quand on y a entendu l'unique Charlotte offerte à la capitale par Crespin en 1973, Vanzo et Rhodes ou Arrauzau, puis Kraus, Kaufmann, Alagna ou Beczala mourir dans les bras de...
-
Jonas Kaufmann au TCE - Das Theater des Lächelns.
Il avait laissé Paris orphelin, en ce même lieu, il y a un an après un Winterreise crépusculaire, irrespirable, venu de l'au-delà dès ses premières notes, et dont les auditeurs privilégiés ne se sont jamais remis. Et puis il enchaîna les prises de rôles...
-
Juan Diego Flórez à la Philharmonie - Entre lumière et ombres.
Le récital donné par Juan Diego Flórez ce vendredi 20 novembre a confirmé en tous points ce que je pense de ce très grand artiste, tant en ce qui concerne ses immenses qualités ou ce qui sont, pour moi, ses défauts que dans l'évolution de sa voix et les...
-
Jonas Kaufmann - Winterreise au TCE...die noch keiner ging zurück.
Un récital ? Non, une confidence, un secret confié à chaque auditeur présent au Théâtre des Champs-Élysées en ce mardi 8 avril. Jonas Kaufmann a réinventé une oeuvre, tout simplement, en la chantant comme une immense absoute, comme s'il nous demandait...
-
Jonas Kaufmann - Das Lied von der Erde au TCE - Tout Nietzsche en deux heures.
Le titre est trompeur. Non, il n'y avait pas que le chef-d'oeuvre "né posthume" de Mahler au programme de ce 23 juin, mais l'évidence s'impose. Ce ne sont pas les seuls Wiener Philharmoniker, pourtant déjà sublimes avant d'avoir joué la moindre note (je...
-
Roberto Alagna : "Ma vie est un opéra" - Panache, confidences et pudeur.
Don Carlo - Wiener Staatsoper, septembre 2014. J'ai suffisamment dit tout le mal que je pensais de certaines prestations récentes de Roberto Alagna (et je n'en retire pas le moindre mot) pour ne pas être suspecté de sombrer dans l'hagiographie. Mais,...
-
Pumeza "Voice of Hope" - Nobody knows...
Assurément, l'histoire est belle. Née dans un township de Cape Town en 1979, Pumeza Matshikiza a grandi dans un univers de pauvreté et de violence, subissant les dernières années de l'apartheid. Une scolarité chaotique, une entrée un peu par hasard et...
-
L'Homme qui jouait de l'orgue - Humour, musique et réflexion.
La couverture résume tout. Une silhouette semble danser, ou marcher sur la pointe des pieds, sur un clavier déstructuré. Un cercueil sous le bras droit, un gâteau de mariage porté tel que le ferait un serveur de course de garçons de café sur la main gauche....
-
Joyce DiDonato au TCE - Le métier a parlé.
Plusieurs fois, j'ai eu l'occasion de dire à quel point je considère Joyce DiDonato comme l'une des plus grandes cantatrices de notre temps, et dans le répertoire qui est actuellement le sien, la référence absolue. J'ai même pensé qu'elle pourrait être...
-
Barbara - Le trop visible alibi de Mathieu Amalric.
Lorsque, le 30 mars 2016, le quotidien Ouest-France annonçait le prochain tournage d'un film consacré à Barbara, il n'imaginait pas à quel point le montage photographique qui illustrait son article était un parfait résumé de ce que l'on pourrait voir...
-
Tyrannie des experts ou connerie des technocrates ?
J'ai commencé mes études musicales, en 1970, dans un conservatoire où il n'y avait pas de classe d'orchestre, pas de classe de chant et pas même de chorale. L'objectif était de former des individualités, et le rêve ultime, bien illusoire, d'en faire de...
-
Ariadne auf Naxos au TCE - Les femmes sans ombre.
Ariane endormie - Vatican, Musée Pio-Clementino - Copie romaine du IIème siècle après J.C., d'après un original hellénistique du IIIème ou IIème siècle avant J.C. (Pergame ou Rhodes). Belles révélations, confirmations "in situ" de valeurs sûres, et constat...
-
Les Dames "d'en haut" et la tenancière de la rue Daguerre.
Marie-Louise Girod, à l'orgue de l'Oratoire du Louvre. La disparition, le 29 août dernier, de Marie-Louise Girod, qui aurait fêté ses 99 ans le 12 octobre prochain, m'a remis en mémoire une anecdote à la fois triste et révélatrice d'un état d'esprit présent...
-
Gustav Mahler - Des Knaben Wunderhorn.
Pilier de la culture populaire germanique, Des Knaben Wunderhorn est une anthologie de textes traditionnels remis en forme par Achim von Arnim et Clemens von Brentano. Gustav Mahler se passionna pour ce recueil, qui ne pouvait que le toucher. Sur le millier...
-
Claudio Abbado - Ewig...Ewig...Ewig...
Il nous faudra donc faire avec l'absence. Se dire que le choc que nous avions tous éprouvé en le voyant monter sur l'estrade de la Philharmonie de Berlin, le 25 janvier 2001, pour y diriger le Requiem de Verdi, cadavérique, ivoirin et translucide à la...
-
La Bohème à Bastille - Les hommes charment et Angela dévisse.
Piotr Beczala. Quelques mots pour évoquer cette reprise d'une production qui date déjà de 1995 et qu'il est inutile, je pense, de détailler sur le plan de la mise en scène. Disons que Jonathan Miller a donné dans l'efficace, et que sa transposition dans...
-
Risë Stevens, printemps qui s'achève.
Dalila. Oh comme j'attendais le 11 juin prochain pour lui consacrer un article que j'aurais placé dans la catégorie "Les légendes", mais en tant que "légende vivante", le jour de ses cent ans ! Mais la camarde s'est prise pour Samson et a fait s'écrouler...
-
Bayreuth 1985 - Tannhäuser et l'anthropologue italien.
Giuseppe Sinopoli. Seule nouvelle production du millésime 1985, Tannhäuser promettait beaucoup sur le papier. Les habitués du festival connaissaient par coeur le Parsifal de Levine et le Holländer mis en scène par Kupfer, valeurs sûres malgré la baguette...
-
Bayreuth 1956 - Der fliegende Holländer ou l'invitation au cauchemar.
George London. Der fliegende Holländer n'est revenu au Festpielhaus qu'en 1955, quatre ans après la réouverture du festival, dans une mise en scène signée Wolfgang Wagner. Le rôle-titre était tenu par Hermann Uhde (et pour une soirée par Hans Hotter),...
-
Wolfgang Sawallisch ou le Maître Conteur.
Dans la fosse de Bayreuth. Dans l'indifférence générale des media français, le grand chef et pianiste Wolfgang Sawallisch s'est éteint le 22 février dernier, après une longue et belle vie tout entière dédiée à la musique. Il était le dernier représentant...
-
Die Walküre à Bastille. Du mieux, mais pas encore ça...
Acte II - Alwyn Mellor, Egils Silins. Voilà. Nicolas Joël peut s'en aller tranquillement, il aura monté "son" Ring sur la scène de l'Opéra Bastille. Je ne m'étendrai pas sur la mise en scène de Günter Krämer, n'ayant pu voir cette nouvelle projection...
-
Parsifal au MET ou la communion retrouvée.
Scène finale de l'acte III - Jonas Kaufmann, Katarina Daleyman, Peter Mattei. Depuis de trop nombreuses années, l'amoureux de l'univers wagnérien a compris. S'il veut assouvir pleinement sa passion, s'il attend d'une soirée qu'elle demeure gravée en lui...
-
Le malaise du "Dîner de cons".
Revoir pour le nième fois Le dîner de cons n'est pas en soi un souci, tant cette pièce adaptée à l'écran (on ne peut pas vraiment parler de "cinéma") fonctionne grâce à sa mécanique d'horlogerie et à son interprétation. Veber sort pour une fois de son...
-
Maria Stuarda : Combat de femmes à Fotheringhay ou quand Donizetti fait chavirer New York.
"Bâtarde !", "Souillure de Boleyn !", "Débauchée !", "Fausse vierge !", "Tu vas crever, souillon de race dégénérée !". Nous ne sommes pas au pied d'une barre d'immeubles quelque part en Seine Saint-Denis, mais dans les geôles du château de Fotheringhay,...
-
Lohengrin à la Scala : Enfin, Wagner...
Jonas Kaufmann Des années que cela n'était pas arrivé, et encore moins pour une oeuvre de Wagner. L'un des publics les plus exigeants du monde, celui de la Scala, a fait un triomphe au Lohengrin ouvrant la saison milanaise, unanime, conquis, comblé......